24 août 2008

Communier


(xème ; lat. chrét. communicare "s’apparier, entrer en relation avec").


I. v. intr.

1. psychiatr. s’imaginer appartenir ontologiquement à une communauté et partager de ce fait des idées, des sentiments communs. peuple qui communie. – se croire en "union spirituelle". communier avec les esprits, avec la nature. / "née dans le sillage du mouvement des 'focolari', l’économie de communion, qui en est encore à ses débuts, apparaît à de nombreux spécialistes comme une voie d’avenir pour l’économie mondiale. elle repose sur l’idée que les hommes communient à travers l’échange commercial. elle suppose un changement des mentalités, substituant à la mécanique de la pure économie de marché, des schémas plus subtils, plus équilibrés, à contre-courant de tout dogmatisme économique, et tenant compte des réalités culturelles ou de certaines inadaptations locales. une telle économie est appropriée à des entreprises de formes variées : coopératives, exploitations familiales, sociétés, cabinets d’études, sur des terrains aussi différents que l’industrie, l’agriculture, les services, ceci dans un contexte général d’économie de marché, de concurrence impitoyable, et néanmoins avec le souci d’humaniser le fonctionnement interne des relations de partenariat." (p.-l. debarge, "économie de communion, dix ans de réalisations, des entreprises osent", esprit & vie – revue catholique de formation permanente, n° 67, octobre 2002, pp. 20-21).

2. anthropophagie. se dit, dans les anciennes religions, de celui qui reçoit la "communion", c’est-à-dire à qui l’on fait dévorer de la chair et du sang d’une victime humaine, généralement choisie en-dehors de la communauté, afin de se ménager les grâces de la divinité. dans les sociétés vraiment cruelles, la viande et la boisson roboratives ainsi distribuées gratuitement au peuple sont remplacées par de vulgaires mies de pain et du mauvais vin de cuisine. communier dévotement, communier sous les deux espèces. / il ne faut pas mordre la main du curé de laquelle on communie.


II. v. tr.

très vulg. (argot catho.) administrer le "sacrement de l’eucharistie". "en visite à sydney, le pape benoît xvi a exprimé sa honte publiquement et s’est excusé au nom de l’église pour les prêtres qui avaient communié des petits enfants." (le figaro, 19 juillet 2008).

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