"C'est sur ce quai-là, au 18, que mes bons parents firent de bien tristes affaires pendant l'hiver 92, ça nous remet loin. C'était un magasin de 'Modes, fleurs et plumes'. Y avait en tout comme modèles que trois chapeaux, dans une seule vitrine, on me l'a souvent raconté. La Seine a gelé cette année-là. Je suis né en mai. C'est moi le printemps."
11 mars 2013
24 mai 2012
Pierre Louÿs sonore

Janvier 14, bien avant les premières expériences de poésie sonore à base de magnétophone dont les manifestations contemporaines déclenchent souvent l'hilarité générale, les Archives de la Parole du Pr Ferdinand Brunot sollicitent Pierre Louÿs, parmi d'autres vieilles carnes symbolistes (Paul-Napoléon Roinard, Gustave Kahn, René Ghil), à l'effet d'enregistrer sa voix pour les générations futures.
Pierre Louÿs est enregistré à son propre domicile par l'ingénieur Ravenet sur du matériel Pathé, la température est "assez chaude (18°)", les conditions atmosphériques sont sans particularité. Un cylindre est frappé dont le disque correspondant est classé "série 0, n° 176". L'écrivain y articule des bouts de Pour le tombeau de Jean Second, en face A, et de L'Homme de pourpre, en face B.
Pour le tombeau de Jean Second est, comme le titre l'indique, un tombeau poétique : les vers en sont dédiés à Jan Everaerts (en français Jean Second), poète érotique hollandais néo-latin du XVIe s. L'Homme de pourpre est prosaïque : il consiste dans un court récit publié en 1901 – le dernier texte dans la veine "grecque antique" de Louÿs.
Les deux moments de l'enregistrement peuvent être entendus sur le site de la bibliothèque numérique Gallica. Ici pour la face A, et là pour la face B.
Disons-le tout rond, le ton énormément déclamatoire employé par Louÿs est franchement comique. A l'entendre, je ne peux pas m'empêcher de penser (ça doit tenir au côté "néo-antique") à la fameuse tirade de "L'homme est laid" dégoisée par Michel Serrault dans Deux heures moins le quart avant Jésus-Christ.
Décidément, ces poètes sonores, à peine avaient-ils débuté de commencer, qu'ils n'en finissaient déjà plus de nous faire rire.
13 mai 2012
Faire danser les alligators sur la flûte de pan
J'apprends que j'ai raté ça.
Moi qui ai horreur d'aller au spectacle, pour le coup j'enrage.
Si quelqu'un sait où se procurer la vidéo complète, merci de me faire chanter, je suis prêt à tout.
10 mars 2011
Guignol's Band

Chez Pierre Ménard, une lecture de la page 48 de Guignol’s Band, troisième roman de Céline.
Le récit se passe à Londres, entre 1915 et 1916. Où Ferdinand, réformé, fréquente la pègre et notamment Picpus et Cascade, souteneurs français.
"Lecteurs amis, moins amis, ennemis, Critiques ! me voilà encore des histoires avec ce Guignol's livre I ! Ne me jugez point de sitôt ! Attendez un petit peu la suite ! le livre II ! le livre III ! tout s'éclaire ! se développe, s'arrange ! Il vous manque tel quel les 3/4 ! Est-ce une façon ? Il a fallu imprimer vite because les circonstances si graves qu'on ne sait ni qui vit ni qui meurt ! Denoël ? vous ? moi ?... J'étais parti pour 1200 pages ! Rendez-vous compte !"
27 février 2011
15 août 2010
Silence, ça tourne !

26 mai 2010
5 avril 2010
Les films porno américains : le film
film dvcam de l'excellent jean-françois magre, artiste protéiforme à la fois écrivain, plasticien, acteur, vidéaste, mime, flûtiste et patineur sur glace.
jean-françois magre, c'est aussi :
- le blog de jean-françois magre.
- sa pure page myspace.
- des films muets de jean-françois magre.
- un roman entièrement écrit à base de littérature.
- des publications de prestige dans des revues luxueuses (la mer gelée, rougedéclic, ...).
- et bien sûr une nouvelle contribution capitale chez les boyz of skandalz.
30 janvier 2010
La ligne

à l'invitation d'arno calleja, je participerai à
arno et moi lirons avec l'accent des extraits de méduses et d'autres textes dont nous essaierons plus ou moins de faire croire qu'ils sont de ma main.
rendez-vous le vendredi 5 février 2010 (19h), 19, rue francis-de-pressencé – 13001 marseille.
22 décembre 2009
19 décembre 2009
20 novembre 2009
Maudite soit la terre...
Maudite soit la terre / Parmi lesquels des vétérinaires / Dont le sang est venu du soleil…

A lire sur remue.net, un article consacré à l'excellent dernier numéro de la revue La mer gelée, entièrement consacré au roman Berlin Alexanderplatz.
L'occasion d'annoncer également la lecture de rabattage qui aura lieu samedi 21 novembre 2009 (17h) à librairie La terrasse de Gutenberg, sise 9, rue Emilio-Castelar – 75012 PARIS (M° Ledru-Rollin).
L'alcool sera gratuit mais pensez à amener vos propres drogues.
26 septembre 2009
Chansons

*
Chanson devant la guérite
Fille de l’air, rêverie,
compagnonne du soldat,
le jour est long sous la pluie ;
tu reviens, le jour s’en va.
Compagnonne, compagnonne,
entends tousser les chevaux ;
la soupe n’était pas bonne,
le rata n’était pas chaud.
Ceux que j’aime, est-ce qu’ils m’aiment ?
Est-ce qu’ils pensent à moi ?
Ca ranimerait quand même.
Ca serait bon par ce froid.
Une surtout, dans sa chambre,
allant prendre mon portait,
et, ayant été le prendre,
longtemps le regarderait...
Je sers le sien dans ma poche,
te voilà, ma grande amour...
Mais gare si on approche,
j’en serai pour mes vingt jours.
*
Chanson des Vaudois
Il nous fallait des fusils :
vite, on a été les prendre ;
l’ouvrier sans son outil
ferait mieux d’aller se pendre.
On nous a dit : "La frontière,
ça n’est pas assez marqué,
faites-y un mur de pierre,
cimenté, recimenté.
Faites-y une muraille,
où il n’y ait pas de trou..."
Dites-m’en une qui vaille
celle de ceux de chez nous.
Cent mille hommes, deux cent mille,
trois cent mille, s’il le faut,
un joli mur de poitrines :
des poitrines, pas de dos.
Blanc ? présent, Belet ? de même,
et Belet qui touche Blanc,
ça vous ferme la plaine,
du levant jusqu’au couchant.
Et, derrière, la montagne,
mais y en a-t-il besoin ?
après Belet vient Chavannes
et plus loin vient Parmelin.
Et tous se sentent les coudes,
et, quand le cœur bat à un,
chez très tous le cœur leur bouge,
ayant mille cœurs chacun.
Alouette, monte vite
voir si l’ennemi viendrait ;
nous, on a bourré nos pipes,
c’est vous dire qu’on est prêts.
Et on écrira à celles
qui restent à la maison ;
faites-vous seulement belles
pour le retour des garçons.
Pleurer, ça fait les yeux rouges,
les garçons seraient déçus ;
gardez-nous des joues bien douces,
qu’on mette un baiser dessus.
Qu’on vous trouve toutes prêtes
et sentant bon le savon ;
et on fera une fête
qui tiendra tout le canton.
-
Charles-Ferdinand Ramuz
28 juin 2009
Oh les beaux jours

La librairie Oh les beaux jours reçoit les éditions Le Grand Os et la revue
LGO à l'occasion de la sortie de sa troisième livraison
Aurelio Diaz Ronda et Sébastien Lespinasse liront des textes de Antoine Brea, Marc Perrin et Ana Tot, ainsi que leurs propres textes
Leur invité sera Olivier Lamarque qui lira, en occitan, du Olivier Lamarque
Ne venez pas trop nombreux
Et habillez-vous correctement
(L'entrée est libre mais seulement dans la limite des places disponibles)
mardi 30 juin 2009 - 20 heures
Oh les beaux jours
20, rue Sainte-Ursule
31000 Toulouse
Tél. : 05 61 29 89 27
ohlesbeauxjours@wanadoo.fr
17 juin 2009
De la dissipation
"on meurt dans la surface précise de sa taille exacte"
b e r n a r d l a m a r c h e - v a d e l [ v é t é r i n a i r e s ]






