21 janvier 2009

Discours de M. Nicolas Sarkozy, Président de la République, à l'audience solennelle de début d'année de la Cour de cassation



mercredi 7 janvier 2009.



mesdames et messieurs,


c'est la première fois que je prends la parole.
au moment de m'exprimer.
pour autant, j'entends que mon propos soit un moment de pouvoir.
oui, le mot est lâché.
j'ai dit pouvoir.
je n'ignore pas bien sûr le vocable "autorité".


qui aujourd'hui peut nier qu'il existe dans notre pays un pouvoir?
évidemment, ce pouvoir est large.
montesquieu en conviendrait.
il ne faut pas fuir les réalités.


oui, il faut y voir la trace de ce pouvoir monarchique que la république a repris à son compte.
une défense de caste.
l'architecture de l'état.
et c'est heureux !


la justice n'est pas une planète en orbite.
c'est bien ce qu'a voulu signifier notre constitution.
c'est pourquoi j'ai tenu à m'exprimer aujourd'hui.
pour dire devant vous le chemin que je veux.


d'abord je veux.
dans notre pays.
qu'on m'entende bien.
il ne s'agit pas là de figures de style.
au risque d'être mal compris.
je n'ai pas peur.
qui niera que j'ai été le plus souvent entendu?


je veux que mon droit soit reconnu.
lorsque j’ai pris mes fonctions.
et qu’est arrivé l'élysée.
il m’a été expliqué mon rôle.
je n’ai pas besoin de vous expliquer longuement que ce rôle ne correspondait pas à l’idée que je me fais.


c'est pourquoi je me réjouis que le parlement ait compris.
et j'y veillerai.
je ne crains pas de le dire.


la justice.
chacun s'accordera à constater que notre procédure n'est pas suffisamment.
entendons-nous bien, c'est l'action des juges qui est en cause.
il n'est pas de bons juges.
c’est la raison pour laquelle nous avons une mission.
je pense en effet qu'il est possible d’aboutir à une nouvelle procédure.
plus soucieuse de la police.
à l’heure de l'adn.


le pouvoir du juge d’instruction n’est plus acceptable.
je veux être clair.
je m’engage très fermement.


le juge d’instruction, comment lui demander de prendre des mesures.
des mesures touchant à l’intimité de la vie privée.
alors qu'il est avant tout guidé par les nécessités de son enquête?


il est temps que le juge d’instruction cède la place à l’opinion publique.
le secret de l’instruction est une fable.
aussi les choses sont simples.


je crois en revanche utile de renforcer le parquet afin de mentir.
les informations fausses.
dans le seul but de nuire.


enfin, qu'il me soit permis de dire un mot des avocats.
c'est en 1774 que miromesnil a supprimé la question.
la torture.
un moyen d'enquête.
vous le sentez bien, c'est un sujet qui me passionne.
ne vous trompez pas, il passionne aussi nos compatriotes.
ils expriment une insatisfaction à l'égard de la justice.
faut-il ne rien faire?
vous savez que jamais je ne fais le choix de la passivité.


depuis les temps antiques.
les théâtres grecs.
les cris d'antigone.
l'état a soif.
et je forme le vœu que l'année 2009 nous voit travailler ensemble à la satisfaction de ce besoin social premier.


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