27 novembre 2010

Sur Michel Houellebecq, sur les polichinelles et sur les coupe-faim


Partie fine au restaurant


J'ai vraiment fait tout ce que je pouvais. Je suis allé au bout du bout de l'effort. Je me suis bouffé bien quarante pages de la Carte et le territoire, l'ultime Houellebecq, et cette nullité industrielle, avant de me tomber des bras, m'a salement écorché les yeux.

Je n'en retiens, en résumé, que l'image molle et triste d'un brouet pour régime mélangé de pilules soporifiques (ne surtout pas lire ce Houellebecq avant de prendre le volant).

Pour ça, que cet escroc intellectuel, en répression du livre, se soit fait traîner dans la boue et traiter de "Goncourt !" par des dîneurs à chaîne de montre à la sortie d'un restaurant me paraît franchement pas volé.

Ceci étant, j'entends bruire à hue et à dia que Houellebecq, pour fabriquer son coupe-faim, aurait eu nécessité de "plagier" trois lignes de notices dans l'encyclopédie Wikipédia, et même certains communiqués bien grandioses diffusés sur le site internet du ministère de l'intérieur.

Là, je dis qu'il faudrait pas charrier. Les vrais plagiaires, les méphitiques, les très horribles, sont ailleurs.

Et je m'étonne qu'au troisième millénaire on doive encore expliquer aux épais qui sont partout que les collages prédigérés qu'ils dénoncent ici sous la prévention de "plagiat" ne sont qu'une ficelle littéraire des plus admises et des moins corrosives enseignées jusqu'en faculté.

Houellebecq, à qui un journaliste est venu japper la question dans le creux de l'oreille, s'en explique d'ailleurs assez calmement, quoique une nuance d'orgueil le pousse à justifier son écriture pénible en convoquant plusieurs fantômes d'ancêtres.

C'est sur la base du prétendu "plagiat", en tout cas, qu'un polichinelle à bonnet a chinoisé d'aller proposer le roman en accès libre sur son blog sous l'ombre d'une démonstration qui se rêve juridique.

Flammarion, qui ne plaisante pas, a promis de pousser ses chiens au tribunal de grande instance.

J'espère le garçon riche, et pourvu de mollets en bronze.

4 commentaires:

  1. En même temps, ai-je envie de dire, on peut se féliciter d'avoir le premier Goncourt donné à un Cotorep...

    RépondreSupprimer
  2. on salue, admire et tutti le reste celui qui a fourni l'effort !

    RépondreSupprimer
  3. merci philippe, il faut bien qu'il y en ait qui se dévouent, sinon qui s'intéresserait à ces fadaises ?

    RépondreSupprimer

pan ! pan !