24 mai 2012

Pierre Louÿs sonore


Pierrot


Janvier 14, bien avant les premières expériences de poésie sonore à base de magnétophone dont les manifestations contemporaines déclenchent souvent l'hilarité générale, les Archives de la Parole du Pr Ferdinand Brunot sollicitent Pierre Louÿs, parmi d'autres vieilles carnes symbolistes (Paul-Napoléon Roinard, Gustave Kahn, René Ghil), à l'effet d'enregistrer sa voix pour les générations futures.

Pierre Louÿs est enregistré à son propre domicile par l'ingénieur Ravenet sur du matériel Pathé, la température est "assez chaude (18°)", les conditions atmosphériques sont sans particularité. Un cylindre est frappé dont le disque correspondant est classé "série 0, n° 176". L'écrivain y articule des bouts de Pour le tombeau de Jean Second, en face A, et de L'Homme de pourpre, en face B.

Pour le tombeau de Jean Second est, comme le titre l'indique, un tombeau poétique : les vers en sont dédiés à Jan Everaerts (en français Jean Second), poète érotique hollandais néo-latin du XVIe s. L'Homme de pourpre est prosaïque : il consiste dans un court récit publié en 1901 – le dernier texte dans la veine "grecque antique" de Louÿs.

Les deux moments de l'enregistrement peuvent être entendus sur le site de la bibliothèque numérique Gallica. Ici pour la face A, et pour la face B.

Disons-le tout rond, le ton énormément déclamatoire employé par Louÿs est franchement comique. A l'entendre, je ne peux pas m'empêcher de penser (ça doit tenir au côté "néo-antique") à la fameuse tirade de "L'homme est laid" dégoisée par Michel Serrault dans Deux heures moins le quart avant Jésus-Christ.

Décidément, ces poètes sonores, à peine avaient-ils débuté de commencer, qu'ils n'en finissaient déjà plus de nous faire rire.




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