V. intr. (1942 ; rad. onomat. krac ! [bruit de la nuque, des os qu'on brise]).
Physiol. Se dit par référence au réflexe inné qui pousse à déballer tout ce qu'on sait en entendant parler allemand, spécialement à l'occasion d'une guerre mondiale. Nous afons les moyens de fous faire kraquer.
V. intr. (XVIe s. ; var. de guarir [1050] ou garir, "protéger" ; germ. °warjan).
Echapper miraculeusement aux médecins. "Ces phisicïens m'ont tué / De ces broulliz qu'ils m'ont fait boire. / Pour me guarir, les fault il croire ! / Ils en euvrent comme de cire." (La Farce de Maistre Pierre Pathelin). / Quand on est mort, c'est pour longtemps, on est guéri du mal de dents ! (ancienne chanson).
V. tr. ou intr. selon les jours (fin XIIe s. ; lat. frigere, "avoir froid" [ex. d'humour étymologique antique]).
Rire dans l'huile, le beurre ou la graisse. Y a pas de quoi frire. / Il ne frit que quand il se brûle. / Frire jaune, sous cape. / "Au début, les Martyrs chrétiens étaient cuits d'une seule façon dans la grande poêle. Leur corps y était jeté vif sur un fond d'huile bien chaude, après avoir été frottés de vinaigre et de sel. Or, on s'aperçut qu'une fois précipitées dans la poêle, la sainteté déformait immédiatement le visage des victimes, qui se mettaient à frire, à frire, à frire à gorge déployée, ce qui gâchait tout le spectacle. On inventa donc une seconde façon, comme en témoignent les Actes de sainte Euphémie, qui consistait en ceci que, désormais, les corps étaient jetés membre après membre, pour ainsi dire en aiguillettes." (R.P. Antonio Gallonio, Recettes de cuisine païennes). / Je fris, tu fris, il(elle) frit ; il n'existe point de pluriel au verbe FRIRE au présent de l'indicatif, contrairement au proverbe qui veut que plus on est de fous plus on frit.
Préparer les dépouilles des animaux pour leur rendre l'apparence vivante, généralement en vue d'une exposition. J'ai porté chez le fourreur une belle peau de renard pour en faire une descente de lit ; la tête sera naturalisée. / "Selon les chiffres de la préfecture, ce sont 406 étrangers, dont 162 mineurs, qui ont été naturalisés en Lot-et-Garonne en 2009. En visite dans le département, le président Sarkozy s'est félicité que ces immigrés honnêtes, dont l'enquête a démontré qu'aucun n'était polygame ni n'avait tiré sur un gendarme, aient pu ainsi échapper à la fosse commune." (Sud-Ouest, 11/09/2010).
1. Mentir avec conviction. Jurer en levant la main. / Vous jurez de dire la vérité. / J'vous jure m'sieur l'agent, c'est pas moi qu'a crié qu'les flics c'est tous des fils de rat qu'ont été accouchés par le cul ! / En visite à Grenoble, Nicolas Sarkozy a juré de faire baisser l'insécurité.
2. Proférer des insanités. Jurer comme un charretier. / Homme grossier et emporté qui jure sans cesse. / En visite en banlieue, Nicolas Sarkozy a juré de faire baisser le chômage.
3. Être choquant, en parlant de l'union ou du rapprochement de deux choses. Le vert jure avec le bleu. / Des airs évaporés jurent avec des cheveux gris. / En visite à Neuilly, Nicolas Sarkozy a juré de faire baisser les impôts.
4. (Par extension). Rendre un son discordant. Violon qui jure sous l’archet. / En visite dans le Loir-et-Cher, Nicolas Sarkozy a juré de faire baisser les Rroms.
(v. plus ou moins tr.) (parler argot ; de noichi, chinois [habitant de belleville]).
1. variante de chinoiser (1) dans certaines régions rustiques très proches de paris. hé vas-y arrête de noichiser sa mère !
2. variante de savater (1) et (2) en vigueur dans le créole de ces mêmes régions. se dit par référence à l'arme de guerre qui termine la jambe chez l'asiatique. ouah, gro' ! t'as vu ce kick qu'il lui a chlappé dans l'oreille ! la vie de moi, il lui a noichisé sa mère !
(v. tr. et parfois intr.) (xiième s. ; lat. médiév. quitare).
partir en emportant des bouts de chair avec soi. t'as reçu le sms où je te quitte ? / sos suicide bonjour, ne quittez pas, un opérateur va vous répondre. / "ne me quitte pas ne me quitte pas ne me quitte pas ne me quitte pas" (jacques brel).
toute l'histoire de cet écheveau complexe compromise
impossible de démêler
toute l'histoire de nos divisions
à la lueur d'une
davantage de ténèbres que de ténèbres
fenêtres noires
miroirs bouchés
ténèbres qui séparent
comme la main du Seigneur écarte
tout l'histoire résumée
dans le miracle d'un événement
d'une campagne lancée contre l'empire de Dieu et ses esprits par le Gaucher
la résurrection rythmée par cet écheveau
la résurrection apparaît rythmée par ce cancer de Dieu qu'on appelle le Gaucher
en bas on envisage
on se cache le visage
les esprits parlent d'eschatologie
en bas les hurlements
la résurrection apparaît pour l'instant compromise
+
l'écriture descend dans les lieux du souvenir
l'écriture des noms des personnages des lieux
de nombreuses variations selon les poèmes
au début du début du souvenir
un explorateur du nom d'Oscarr Neuymann
accompagné par des guides wallafites
il aurait passé en enfer
et serait retourné à la surface
les poumons noircis d'avoir levé une partie du mystère
l'explorateur Neuymann guidé par ses Wallafites
mais il serait retourné sur la terre
c'est ce que retient le poème
toutefois
de hâtives études linguistiques réalisées ultérieurement ont
permis de lever une partie du mystère
selon le poème au début du début Allah
Allah a prévu de descendre dans nos poumons
dans nos souvenirs à travers l'écriture (nòueyîmaân)
Allah a créé des vaisseaux des
organes de conduction (nüuymahanâ) pour
descendre les âmes vides dans l'eau qui boit au poumon du souvenir
"Noôehmaajn" est un des noms permis des lieux d'où Allah s'est levé
un nom donné par Allah aux lieux du corps par où l'on descend
une partie du mystère est
des vaisseaux de sang qui s'avancent dans tes organes pour te descendre aux lieux psychiques d'où personne ne retourne
aucun explorateur n'a pu jamais
des âmes sanguines n'auraient pu retourner aux sources des eaux du corps
personne n'a jamais laissé d'écritures avec son sang à la surface
+
l'explorateur du poème Oscarr Neuymann
accompagné de ses Wallafites après
après avoir longé sur des centaines de kilomètres
la brume des monts Kulu' Mburuu
pour entrer progressivement en
le territoire des Zumbul' Uur
sur ma droite les
la brume des monts
Oscarr Neuymann et ses Wallafites
piquèrent droit sur un paysage lunaire
dont l'infini n'est rompu de loin en loin que
la silhouette aigre d'un acacia
ou l'ossature de deux chameaux qui ondoient dans la fournaise
les êtres qui habitent ces solitudes
êtres qui parlent la langue
Neuymann et ses hommes suivent au loin le vol de centaines de
un paysage lunaire
des roches basaltiques
derrière eux, sur des centaines de kilomètres, le long ruban des monts Kulu' Mburuu après lequel on entre progressivement
ici
les êtres qui errent solitairement dans le désert
le regard tourné vers les sommets neigeux
dans la nuit de leur coeur retentit l'aigre clochette
de la soif, rite perpétuel d'initiation auquel ils se soumettent
l'explorateur du poème
depuis sa base observe de loin
des êtres pratiquement invisibles
l'ascèse leur ôte un poids
le regard tourné vers
celui de l'existence
vers les monts intérieurs
lorsqu'ils dorment ils s'élèvent au-dessus de la surface
+
le physique Zumbul' Uur
une taille haute
corps longiligne
dolichocéphalie élevée
comme pour passer
entre les brûlures
du soleil
(Oscarr Neuymann observe à la jumelle)
le Zumbul' Uur s'abstient de
le manger, le boire
il brandit vers le ciel les bâtons de ses bras
lance au soleil malédictions et prières
la salive Zumbul' Uur
denrée précieuse qui se recueille
comme une rosée lorsqu'il quitte sa chair
on dit qu'elle guérit la brucellose
la femme Zumbul' Uur
réputée pour sa maigreur
le Zumbul' Uur s'abstient des femmes
il leur crache dans le coeur si elles s'approchent
aussi ne dédaignent-elles pas la prostitution
+
la religion
les armes données par les prophètes
(Jésus-Christ)
les "mythes des origines" (kiyTi-kuu') n'apportent qu'un
selon une croyance recueillie chez les
les trois lunes créées que le soleil d'ici prit pour épouses
de leur union magique naquirent neuf fils guerriers (Diinzoor)
les neuf furent peut-être Aadiin (Adam) à quoi s'ajoutent huit autres
de leur union contre nature naquirent les grands ancêtres
Aadiin (Adam) descendu près d'Allah en enfer
où sa foi n'eut pas à refroidir
puis de la côte d'Adam et du sein d'Eve
dévala l'essaim noir des esprits
sous la bannière du Seigneur, de la Kabbale et du Ciel
les yeux tracés de kohl
l'arme blanche battant à la ceinture et
brillant le haubert
brillant sous les trois lunes créées
pour la beauté de l'occasion
ils se seraient d'abord dirigés vers l'est, traversant le 'Urubba
avant d'obliquer vers le nord
de leurs fusils Zastava sortirent les clans
chacun leur tour
de leurs fusils M21
nés pour souffrir la punition
les mythes les esprits le Seigneur
ce qu'on appelle ici la religion du bambalisme
les mythes originels, dans leur pauvreté
sont peut-être conformes
par Jésus-Christ, ma mémoire me fait
les mythes sifflent à mes oreilles
le soupir des esprits la nuit, le galop des chevaux de la Kabbale
qui sait, personne ne sait
l'extrême pauvreté de mes visions
la peur a marqué durablement les visages
selon les calculs nos ennemis descendent du soleil
les données biométriques tendraient à plaider pour cette hypothèse
+
ma description
selon les calculs
mes descriptions se terminent
aucun espoir de nuit comme de jour
et cette légende encore
absurdité
lorsqu'on vivait là-haut
terrorisés par une famine
à cette époque la guerre
tapis de bombes
et gaz
les casques bleus météorisés par ces prodiges
ne se mêlaient
un jeune berger aveugle du nom de 'Aw Iskaar Quul Allak' fut victime du vol d'une bête
il déroula la laine de son tapis de prière et, tourné vers la bonne direction
se mit à invoquer Allah
s'enquérant du nom du voleur en plein jour de marché
aussitôt qu'il se releva on entendit gémir et murmurer
personne n'avait pourtant soufflé mot
l'aveu provenait des profondeurs du ventre de celui
où se trouvait consommée la chair de la bête
terrorisés par ce prodige, les patriarches du village s'exclamèrent
"qu'on mette à mort le magicien avant qu'il ne déchaîne contre nous tous ses prières !"
'Aw Iskaar Quul Allak' fut égorgé et mis en terre à la hâte
c'était la guerre et sur les fûts des fusils les villageois firent graver : "qu'Allah protège ses fils du démon, du génie noir, de la boue noire, de la Bête noire, de la magie noire"
Allah sut les entendre, qui les tient ici comme des vaches atteintes de météorisme
qu'on soigne en leur brûlant le flanc à l'aide d'un fer en forme d'étoile de David
si elles éclatent les poches de gaz laissent filtrer un liquide que récupèrent et boivent les esprits dévêtus
l'essaim noir des esprits qui montent à nu dans la montagne et dont la course soulève une poudre toxique qui aveugle et retombe sur le monde
(fin)
[Matériel bibliographique. – Mohamed Mohamed-Abdi, "Les bouleversements induits par la guerre civile en Somalie : castes marginales et minorités", in Revue Autrepart, 15, 2000 : 131-147. – Christian Bader, Le sang et le lait – Brève histoire des clans somali, Paris, Maisonneuve & Larose, 1999].
( v. tr.) (origine incertaine, chavater en picard, xiième s. ; puis çavater, savater ; turc çabatun "mettre le pied [dans la tronche]", par l'it. ciabattare).
1. langage des armées. appliquer la correction militaire que se réservent les soldats entre eux pour des délits non justiciables d'un conseil de guerre, et qui consiste en ceci : le patient, couché sur le ventre, est étendu sur un banc, la chemise retroussée, le fessier nu, et chaque soldat de la compagnie lui applique des coups d'un soulier neuf et bien ferré en nombre égal à la gravité du délit. avoir été sévèrement savaté. / "raoult, je vais te savater ta grande petite gueule" (marie ndiaye, "droit de réponse contre devoir de réserve", le nouvel observateur, 10 novembre 2009).
2. sport. pratiquer une sorte de gymnastique inspirée du "chausson marseillais" et de certaines disciplines orientales se donnant pour objet d'appliquer entre le front et l'oreille de celui qu'on attaque ou par qui on est attaqué d'élégants coups de tibia qui lui font perdre beaucoup de sang en même temps qu'ils élèvent son niveau de conscience. savater son éric raoult dans les règles de l'art.
coulent les ruisseaux de la chair et de la cervelle
dans les cervelles où personne n'y voit rien
plus précisément à Ofgaaye
il me fut donné de voir par exemple
un homme
le coeur amoureux
son coeur battant comme une enclume dans sa poitrine
les parents de la jeune fille ne pouvaient faire aucune objection
il fut mené à la guerre
il y eut des crimes horribles
le souvenir de sa promise lui ravissait la peur de la chemise
un Djebril Kad captura l'homme
l'entraîna sous sa tente comme du butin
il lui donna des linges fins, de précieux scapulaires à passer
il en fit son garçon de bain, serviteur de prédilection
l'homme ne dit rien
suspendit les bijoux à son nombril
il dispensait les bains comme voulait le Djebril, il lui faisait la barbe, lui raclait les talons
il le vêtait et l'apprêtait, l'aidant matin et soir à franchir sans dommage l'eau des miroirs
le soir, il couchait au bas de la natte du maître
un souffle tiède lui venait dans le cou
le Djebril Kad, du fin bout du couteau de ses baisers, lui ôtait ses bijoux et lui rentrait dans l'âme
il ne dit rien
devint le garçon-sous-le-voile qu'on attendait
l'amour se secoua de lui comme un vêtement
+
quand le vent murmura aucunes nouvelles de son homme-coeur à son oreille
la jeune fille arracha tout de suite la vie qui fanait en elle-même
elle accrocha sa plus grosse veine à un fuseau et elle
jeta son coeur aux chats qui le dévidèrent comme une bobine
ici elle fut directement intégrée aux esprits
incorporée par Allah à son armée de derviches
le souvenir de son amour lui passe maintenant comme un nuage
quand le sabot de sa monture écrase une scolopendre ou un scorpion
elle se rappelle les deux mains comme des mites qui, vivante, s'étaient apposées sur ses yeux
elle est l'esprit intransigeant d'Allah que rien n'arrête
elle joue quelquefois à pincer nos nerfs
détachant dans le ciel des notes claires
comme celles que l'oiseau perce
lorsque le chat d'un coup de dents en défait l'organisation
elle donne à croire à des Bété qu'ils sont émancipés
qu'une mutation de la société est en cours
elle exhorte les waabal de tous bords avec des cris et s’essaie à l’éducation des masses en propageant des slogans
par l’intermédiaire de chants ou de poèmes comme par exemple :
"keeni waa ugaash ! / keeni waa addoof ! / waa inaani 'ulloownaany !" ("celui-ci est roi noble ! / celui-là est esclave ! / nous ne devons plus raisonner comme cela !")
v. tr. (1539 ; de dé-, et bouche [organe situé en bas du visage, qui sert à manger et respirer chez l'homme, à parler chez la femme]).
supplicier un condamné en lui ôtant les lèvres de la bouche. "nous tous, en effet, nous avions peur pour la bienheureuse blandine, qui restait la dernière de tous. mais pressée de rejoindre les autres martyrs, toute à la joie et à l’allégresse du prochain départ, on eût dit qu’elle était invitée à une farce ou un repas de noces, et non jetée aux bêtes. après les coups de fouet, après les morsures de bêtes, après la roue, la chaise de fer, on la mit enfin dans un filet pour la livrer à un taureau. elle fut plusieurs fois lancée en l’air par l’animal, mais elle ne sentait rien, et souriait. les païens grondaient et grinçaient des dents, cherchant quelque châtiment plus terrible encore à lui infliger. alors on la déboucha, et si elle n'émit pas un cri de douleur, la foule se réjouit de découvrir ses dents et ses gencives, car, disait-on, on savait à présent pourquoi on la voyait rire." (lettre des églises de lyon et de vienne aux églises d'asie et de phrygie, in eusèbe de césarée, histoire ecclésiastique). on parle, par métonymie et par exagération, d'un rire débouché, locution qui trouve à s'appliquer lorsque quelqu'un témoigne à l'extérieur qu'il est content, quoiqu'en effet il ne le soit pas. au xxe siècle, la locution est devenue, par homophonie, rire de boucher, du fait aussi que les bouchers, comme les communistes, tiennent leurs couteaux à leur bouche, ce qui leur fait montrer les dents et faire une contorsion des lèvres imitant le ris.
v. tr. (1769 ; de l'angl. to tattoo, tahitien tatau [petits trous que font avec des pointes de bois les peuples d'océanie dans la peau humaine pour y inoculer de l'encre et des couleurs quand ils n'ont plus rien à lire ou qu'ils décident de faire une grille de mots croisés]).
s'approprier frauduleusement le corps d'autrui par la voie de l'écriture. tu ne tatueras point. / il est tatoué ? - ah oui il est à moué ! / omar m'a tatouer. on dit aussi piquer, en argot de tatoueur, comme on pique une montre ou un roupillon au boulot. il est fortement déconseillé de s'endormir en présence d'un tatoueur.
v. intr. (1887 ; de x, symbole algébrique désignant une inconnue).
argot des maternités. se dit en parlant de la femme qui ne révèle pas son identité lors de l'accouchement. la patiente de la 38 a préféré x'er. - ça veut dire quoi ? - ben, qu'elle a accouché sous x. - ah bon mais qui c'est x ? il était pas trop lourd ?