3 avril 2008

Mexiquer


v. intr. (1588 ; de mexique).


1. hist. naturelle. revenir d'entre les morts, détourner le processus naturel de mort, comme il est d'usage fréquent au mexique. au mexique, on fait volontairement "mexiquer" les morts en célébrant certaines cérémonies, diligentées selon le calendrier des lunes et des fêtes de dieu. à cet effet, on sort les morts les plus en forme de leurs cachettes (les trop vieux morts à la chair entièrement délitée sont plus difficiles à faire revenir), on leur fait revêtir le poncho et le sombrero traditionnels mexicains et on les trimbale sous la croix et le dais des processions. le soir, on leur retend le coeur et les organes en les frictionnant d'alcool-poison-de-cactus-à-cornes. puis, on égorge un chien ou un petit âne, parce qu'il faut toujours rendre aux saints du ciel ce qu'on leur retire. la mort mexique. / la mort m'excite. / la mort n'existe. / la mort mezcal. / la mort s'écale. / les morts s'écaillent. / la mort mézail. / la mort mes aulx. / la mort mes os. / la mort en songe. / les morts mensongent. / la mort éponge. / la mort est sauge. / les morts la rongent. / la mort ce singe. / la mort mandingue. / la mort en dengue. / la mort rend dingue. / la mort s'éveille. / la mort ses vielles. / il faut nourrir l'essaim du ciel.

2. ethno. se dit, à l'inverse, en parlant de vivants - conquistadors espagnols ou exaltés récents par les ciels d'amérique centrale - qui se conduisent comme des défunts ressuscités du mexique et sont parfois utilisés comme bêtes de trait ou bêtes à viande dans les haciendas mexicaines. ainsi antonin artaud. depuis le xvième siècle, on reconnaît les occidentaux qui "mexiquent" à leur manière de danser sur les ruines des anciens peuples (mayas ou aztèques) en contrefaisant les bruits de l'os sur la pierre, de se fendre les commissures du cri à coups de canif pour plus grandement sourire, de porter le masque réservé aux morts lors de la fête du précieux-sang, de se faire inhumer derrière une église malgré quelques beaux restes de vie, de savoir dire par coeur le poème-prière aux soldats de tezcatlipoca, de dépendre des arbres les criminels, de coucher violemment avec la terre, de subir dans leur dos les oeuvres hypocrites d'indiens aux dents chues. "ils trouvaient toujours un malheureux au regard perdu qui mexiquait, ils le déshabillaient, le parfumaient, lui disaient qu'ils le marieraient avec une de leurs reines ; toutes ces précautions étaient nécessaires pour qu'il y eût souvent des gens de l'autre continent dont on pût avoir le coeur et le sang afin que le soleil pût s'alimenter." (bernardino de sahagun, histoire des choses de la nouvelle espagne).

3 commentaires:

  1. ok...c'est bon, puisque c'est comme ça, je fais un lien vers toi!

    je t'avais prévenu!
    et pan.

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  2. je pensais que dans les vieux bons rites, les vivants revçetaent la peau des bons vieux morts, pour les faire revivre une seconde fois sous la peau d'un autre, c'est le cas de le dire!

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pan ! pan !