20 juin 2008

A la tribune


à la tribune quand je parle on m'idole
c'est l'effet des bottines
mes intentions sont lustrées
mes bottines brillent comme des larmes
et sous les larmes circule le verbe
à la tribune mon corps parle de vivante manière
souple sur les bottines
souple sur les larmes
les hommes se pâment devant moi
mes bottines claquent souple
c'est du chevreau
c'est de la fourrure


mes lèvres j'essuie mes lèvres je les gonfle
j'essuie les hommes de joie
pendus à mes bottines
mes doigts claquent sur le pupitre
c'est souple c'est du chevreau
les larmes de mon corps arrachent du sol leurs chevilles
les voix lourdes des hommes montent au ciel avec moi
elles montent souple c'est du chevreau
mon corps bat le tam-tam et je sue par les pieds
leurs mains claquent sur ma bouche comme sur un pupitre
j'expire et leurs milliers de voix comme une fourrure m'envolent
ma bouche claque souple
sur les genoux du ciel je m'entraîne à me toucher les larmes des épaules
souple souple c'est mes chevilles que je tiens dans mes mains
sur mes chevilles les hommes se tiennent en équilibre
leurs milliers de voix montent en moi
j'essuie ma bouche qui sue des intentions


à la tribune on m'idole :
"tu es beau tu soulèves beau !
et tes lèvres tes lèvres équilibrent les gens de géante manière !"
j'expire tous ces hommes accrochés à ma peine
je les exhorte : "pleurez des larmes d'équilibre !"
je sais jouer de mes bottines
mes intentions mes genoux claquent de joie

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pan ! pan !